accueil FranceLa justice française cible des activistes franco-israéliennes pour entrave à l’aide humanitaire à Gaza

La justice française cible des activistes franco-israéliennes pour entrave à l’aide humanitaire à Gaza

par Anaïs Hanquet
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Dans une affaire judiciaire inédite, deux femmes détenant la double nationalité franco-israélienne font l’objet de mandats d’amener émis par les autorités françaises. Elles sont visées dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris pour des faits qualifiés de « complicité de génocide », liés à des actions de blocage de l’aide humanitaire destinée à la bande de Gaza.

Les investigations portent sur des événements survenus entre début 2024 et mai 2025 aux postes-frontières de Nitzana et de Kerem Shalom. Des convois transportant des vivres et des médicaments vers l’enclave palestinienne auraient été systématiquement entravés avec la participation des deux militantes. Les enquêteurs examinent également des déclarations publiques qui, selon l’accusation, auraient constitué une provocation directe au génocide en appelant à priver de ravitaillement la population civile de Gaza et en tenant des propos la déshumanisant.

Les personnes concernées, identifiées comme appartenant à la mouvance nationaliste israélienne, résident de longue date en Israël. L’une d’elles a publiquement assumé ses actions, déclarant avoir agi pour empêcher, selon ses termes, que le Hamas ne détourne l’assistance. Son avocat a contesté la base légale des poursuites, mettant en doute la qualification de génocide.

Cette procédure représente un développement juridique significatif, selon des organisations de défense des droits humains parties civiles dans le dossier. Elles y voient une étape vers la fin de l’impunité pour des crimes internationaux présumés, impliquant des binationaux. Le mécanisme du mandat d’amener, moins coercitif qu’un mandat d’arrêt, permet néanmoins aux autorités judiciaires de convoquer les individus visés sur l’ensemble du territoire européen.

La défense des activistes repose sur l’argument selon lequel leurs actions visaient à contrer le détournement présumé de l’aide par un groupe armé. Cet argumentaire rejoint celui avancé par certaines autorités israéliennes pour justifier des restrictions à l’entrée des convois. Des organisations humanitaires contestent cette narration, affirmant que les pénuries généralisées et les blocages administratifs sont les causes principales des difficultés d’approvisionnement, conduisant parfois à des scènes de désorganisation aux points de distribution.

Les deux femmes risquent désormais des mesures coercitives si elles se rendent sur le sol français. L’une a exprimé sa crainte de ne plus pouvoir se rendre en France sans risquer la détention. L’affaire pose des questions complexes sur la compétence des juridictions nationales pour des faits survenus à l’étranger et sur la qualification juridique d’actes entravant l’assistance humanitaire dans un contexte de conflit.

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