L’avenir électoral de la présidente du Rassemblement national se joue actuellement devant la cour d’appel de Paris, dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens. Les magistrats du parquet général ont présenté ce mardi leurs conclusions, réclamant une condamnation assortie d’une interdiction temporaire d’exercer un mandat électif.
Les procureurs ont requis à l’encontre de Marine Le Pen une peine de quatre années d’emprisonnement, dont une ferme, pouvant être aménagée. Ils demandent également une peine d’inéligibilité de cinq ans. Cette demande est légèrement moins sévère que la condamnation prononcée en première instance. Une nuance notable réside dans la requête des magistrats de ne pas appliquer immédiatement cette interdiction d’éligibilité, estimant que l’objectif de la sanction serait atteint sans cette mesure d’urgence.
L’affaire, jugée « particulièrement grave » par l’accusation, concerne des faits s’étalant de 2004 à 2016. Il est reproché à la dirigeante politique et à son parti, alors nommé Front national, d’avoir utilisé des fonds destinés au Parlement européen pour rémunérer des collaborateurs du mouvement, celui-ci traversant à l’époque des difficultés financières.
L’avocat général a fermement dénoncé ce qu’il a qualifié de stratégie visant à délégitimer les institutions judiciaires, soulignant que les fonctions électives n’offraient pas d’immunité mais imposaient au contraire une exigence renforcée. La défense, quant à elle, a salué le fait que le parquet n’ait pas retenu l’argument d’un risque de récidive.
Le verdict de la cour d’appel, attendu pour la période estivale, sera décisif. Une condamnation définitive avec une peine d’inéligibilité pourrait, en théorie, compromettre toute ambition présidentielle future. Cependant, les délais judiciaires, notamment un éventuel pourvoi en cassation, laissent entrevoir une issue procédurale qui pourrait s’étendre au-delà du calendrier électoral immédiat.