Un praticien breton comparaît devant la chambre disciplinaire de son ordre professionnel. La raison ? Avoir publiquement remis en cause, cet été, la politique officielle d’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse.
Lors d’une conférence en ligne, le Dr Gaël Gounot avait exprimé son incompréhension face aux avis ayant conduit à cette stratégie sanitaire radicale. Des déclarations qui ont provoqué la colère de l’Ordre national des vétérinaires. Ce dernier a déposé une plainte, accusant le confrère non seulement de s’opposer à une mesure légale, mais aussi de porter atteinte à l’image et à la dignité de la profession.
Face à ses juges, le vétérinaire a réaffirmé ses convictions. Il a toutefois reconnu ne pas avoir anticipé l’ampleur des tensions qui allaient suivre, notamment les mobilisations agricoles et les difficultés rencontrées sur le terrain par les praticiens chargés d’appliquer les protocoles. Sa défense a plaidé la liberté d’expression et l’absence d’infraction, demandant sa relaxe.
L’institution, elle, réclame une sanction à son encontre. Le représentant du conseil régional a notamment évoqué les risques que cette prise de position aurait fait courir aux vétérinaires intervenant dans les zones touchées par l’épizootie.
Le verdict dans cette affaire, qui symbolise les vifs débats entourant la gestion de la crise sanitaire bovine, sera connu au printemps. Une dizaine d’autres procédures disciplinaires visant des vétérinaires pour des motifs similaires seraient en cours.