accueil SociétéUne PME de fleurs durable saisit la justice face au BHV pour des impayés menaçant sa survie

Une PME de fleurs durable saisit la justice face au BHV pour des impayés menaçant sa survie

par Lionel Feuerstein
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C’est une bataille judiciaire qui s’annonce entre David et Goliath. La jeune marque française Flowrette, spécialisée dans les créations florales durables, a décidé de porter plainte contre le grand magasin parisien BHV et son président, Frédéric Merlin. Les motifs : abus de confiance et escroquerie. Cette démarche radicale fait suite à des mois d’impayés que l’entreprise qualifie de « menace existentielle » pour sa structure.

Selon les dirigeants de la PME, Vincent Morio et Margot Prévost, la collaboration avec le BHV Marais, initiée en 2023, a tourné court à l’été dernier. Malgré des débuts prometteurs et un pop-up couronné de succès en juin, où les bouquets de fleurs séchées ou en papier se sont envolés en quelques jours, aucun règlement n’a été effectué par l’enseigne. « Nous avons dû cesser le partenariat non par stratégie, mais par nécessité absolue. C’était une question de survie », explique Vincent Morio.

Le montant des factures impayées s’élèverait à plus de 50 000 euros. Une somme qui, pour une petite structure employant une dizaine de personnes et ayant récemment investi dans la relocalisation de sa production en France avec un atelier près de Nantes, représente un poids financier considérable. « Cela étrangle notre trésorerie et retarde tous nos projets de développement », déplore le gérant.

Flowrette rejoint ainsi une liste croissante de marques, dont certaines prestigieuses, ayant quitté le BHV ces derniers mois pour des raisons similaires. Face à l’exode, la direction du groupe avait évoqué des problèmes informatiques ou des délais de paiement, promettant devant une commission parlementaire en novembre un règlement complet « d’ici la fin de l’année ». Des engagements restés, selon Flowrette, lettre morte.

Excédés par les retards et les promesses non tenues, les dirigeants de la PME ont donc opté pour l’action en justice. « Nous refusons d’être maltraités de la sorte. Derrière ces chiffres, il y a des emplois, un savoir-faire artisanal français que nous défendons », affirme Vincent Morio. Pour symboliser ce combat, la marque a même lancé un bouquet aux couleurs tricolores, baptisé « Le Franc-Parler ».

Cette affaire met en lumière les tensions qui peuvent exister entre les grands distributeurs et leurs fournisseurs, notamment les petites entreprises, dont la résilience financière est souvent plus fragile. Le bras de fer judiciaire qui s’engage sera observé de près par tout un secteur.

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