C’est une bataille judiciaire qui s’annonce entre une petite entreprise française et un géant du commerce parisien. La jeune marque Flowrette, spécialisée dans les créations florales durables, a décidé de porter plainte contre le grand magasin BHV et son président, Frédéric Merlin, pour abus de confiance et escroquerie. Le motif ? Une série d’impayés qui, selon les dirigeants de la PME, mettent en péril l’existence même de leur société.
L’affaire remonte à un partenariat initié en 2023. Malgré des débuts prometteurs et un pop-up couronné de succès au sein du BHV Marais durant l’été 2025, où les bouquets de fleurs séchées ou en papier se sont arrachés, Flowrette n’a jamais perçu le moindre règlement pour ses ventes. Face à ce silence, la PME a mis un terme à la collaboration, une décision présentée non comme un choix stratégique, mais comme une mesure de survie.
« Ils nous doivent plus de 50 000 euros. Pour une entreprise de notre taille, avec une dizaine de salariés, cette somme est colossale », explique l’un des gérants. Cette créance s’ajoute à une longue liste de fournisseurs prestigieux, dont Dior ou Sandro, qui auraient également quitté le magasin pour des raisons similaires ces derniers mois.
Les dirigeants de Flowrette affirment avoir multiplié les relances, ne recevant en retour que des promesses non tenues. La direction du BHV aurait évoqué tour à tour un problème informatique ou des délais de paiement, sans que la situation ne se débloque. Une déclaration publique du président du groupe, fin novembre, s’engageant à régler tous les litiges avant la fin de l’année, est restée lettre morte.
Excédés, les gérants de la marque ont donc opté pour la voie judiciaire. Ils dénoncent des pratiques qui, selon eux, « étranglent l’artisanat français ». Flowrette, qui revendique un ancrage local fort avec un atelier de production récemment ouvert près de Nantes, voit son développement et ses projets de relocalisation compromis par cette situation financière.
En signe de résistance et pour financer son combat, la marque a lancé un bouquet aux couleurs tricolores, symboliquement baptisé « Le Franc-Parler ». Une manière d’affirmer son refus de se taire face à ce qu’elle considère comme un traitement inique, et de défendre son savoir-faire ainsi que les emplois qui en dépendent. L’affaire est désormais entre les mains de la justice.