accueil FranceUn ancien haut fonctionnaire accusé de soumission chimique : la justice presse les victimes de se faire connaître

Un ancien haut fonctionnaire accusé de soumission chimique : la justice presse les victimes de se faire connaître

par Anaïs Hanquet
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Les autorités judiciaires lancent un appel pressant aux femmes qui pourraient avoir été victimes d’un système de soumission chimique orchestré par un ancien cadre de la fonction publique. Christian Nègre, ayant exercé des fonctions au ministère de la Culture et dans la région Grand Est, est mis en examen pour des faits qui auraient concerné près de 250 personnes.

L’homme est soupçonné d’avoir, sous couvert d’entretiens professionnels, administré à des candidates des substances diurétiques dans leurs boissons. Son objectif aurait été de les contraindre à uriner en sa présence, un comportement qualifié par les magistrats d’« administration de substance nuisible » et de « violences par personne chargée d’une mission de service public ».

L’enquête, ouverte il y a six ans, a déjà permis d’identifier 248 victimes présumées. Cependant, de nouvelles plaintes continuent d’affluer. Dans un communiqué, le parquet de Paris a exhorté toute personne concernée et non encore entendue à se signaler rapidement à l’Office central de répression des violences aux personnes. L’objectif est de finaliser les auditions d’ici la fin du mois de mars, afin de progresser vers une éventuelle clôture des investigations d’ici fin 2026.

Les faits remontent à 2018, lorsque Christian Nègre a été découvert en train de photographier une interlocutrice sous la table. La perquisition de son ordinateur a révélé un fichier listant des dizaines d’entretiens, confirmant le modus operandi allégué. À l’époque, le ministre de la Culture avait qualifié l’affaire de « complètement folle ».

Si la perspective d’un procès se dessine, le parcours des victimes reste semé d’embûches. Certaines ont obtenu des indemnisations en engageant la responsabilité de l’État. En revanche, d’autres, qui espéraient bénéficier de la protection fonctionnelle du ministère, se sont vu opposer un refus au motif qu’elles n’avaient pas la qualité d’agent public.

Cet appel judiciaire constitue une étape cruciale pour tenter de faire toute la lumière sur l’un des dossiers les plus troublants de violences administratives, et offrir enfin une voie judiciaire aux nombreuses femmes concernées.

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