L’enquête administrative diligentée suite au décès de Caroline Grandjean, directrice d’école dans le Cantal, a établi l’existence d’une « défaillance institutionnelle dans le soutien » apporté à cette enseignante de 42 ans. Celle-ci s’était suicidée en septembre, jour de la rentrée scolaire, après avoir longuement alerté sur les insultes et menaces homophobes dont elle était victime, ainsi que sur l’isolement et le manque de réaction qu’elle subissait.
Si le rapport constitue, selon les termes de Maître Stéphane Juillard, l’avocat de la veuve de la défunte, « une belle avancée », il laisse un goût d’inachevé à la famille. L’absence de reconnaissance de « fautes personnelles » identifiées est vivement regrettée. « Cela met un peu en colère ma cliente », a déclaré l’avocat, précisant que le document relève pourtant que l’enseignante avait vécu certaines décisions administratives comme des injustices et que « certaines personnes, par leur absence de réaction ou par des mots inappropriés, ont manqué d’humanité ».
La veuve de Caroline Grandjean a d’ores et déjà déposé plainte contre le ministère de l’Éducation nationale pour harcèlement. Une procédure que son conseil juridique entend compléter par le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile, visant d’autres qualifications pénales. « On va reprendre l’enquête », a affirmé Maître Juillard, évoquant notamment la piste d’un « corbeau » unique à l’origine des inscriptions homophobes, qui n’a pas été identifié à ce jour.
L’enseignante avait méticuleusement consigné par écrit son calvaire. Un récit qui, pour son avocat, impose de poursuivre le combat. « On ne peut pas ne pas mener ce combat au nom de sa mémoire, ce n’est pas possible », a-t-il insisté, soulignant que la défunte avait elle-même désigné des responsables. Ce drame continue ainsi de poser de lourdes questions sur le devoir de protection de l’institution envers ses agents et sur les mécanismes de soutien face au harcèlement.