L’enquête administrative diligentée suite au suicide de Caroline Grandjean, directrice d’école dans le Cantal, a conclu à une « défaillance institutionnelle dans le soutien » apporté à cette enseignante. Victime d’insultes et de menaces à caractère homophobe, elle avait dénoncé à plusieurs reprises, avant de mettre fin à ses jours à l’âge de 42 ans, l’isolement et le manque de réaction de sa hiérarchie ainsi que de son environnement.
Si la famille et ses représentants reconnaissent cette conclusion comme « une belle avancée », ils expriment une profonde amertume. L’avocat de la veuve de l’enseignante a fait part de sa déception quant à l’absence de reconnaissance de « faute personnelle » dans le rapport. Il souligne que certaines décisions administratives ont été « vécues comme des injustices » par la directrice d’école et que des acteurs, par leur inertie ou leurs propos, ont fait preuve d’un manque d’humanité face à sa détresse.
La procédure judiciaire se poursuit. Une plainte a été déposée contre le ministère de l’Éducation nationale. Les conseils de la famille indiquent travailler à une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, visant d’autres qualifications juridiques pour identifier et poursuivre l’ensemble des responsabilités. Ils évoquent notamment la piste d’un « corbeau », auteur unique selon eux des inscriptions homophobes, qui n’a pas été identifié à ce jour.
L’enseignante avait méticuleusement consigné par écrit son calvaire. La lecture de ce témoignage, décrit comme poignant et littéraire, renforce la détermination de ses proches à mener « un combat au nom de sa mémoire ». Ce drame met en lumière les conséquences tragiques d’un système qui peut parfois faillir à protéger ses personnels face au harcèlement et à la discrimination.