accueil PolitiqueRenaissance en porte-à-faux après un ralliement local contesté à Grenoble

Renaissance en porte-à-faux après un ralliement local contesté à Grenoble

par Fabien Jannic-Cherbonnel
0 commentaires 2 vues

À l’approche des élections municipales, une alliance conclue à Grenoble crée la tempête au sein de la majorité présidentielle. Le candidat investi par Renaissance et le MoDem, Pierre-Edouard Cardinal, a annoncé son ralliement à une liste menée par l’ancien maire Alain Carignon, une figure politique marquée par de lourdes condamnations judiciaires.

L’objectif affiché de cette coalition est de faire barrage à la gauche unie, hors La France Insoumise, qui vise à succéder au maire sortant écologiste. Cette stratégie locale illustre la tendance nationale du parti à privilégier des accords avec la droite traditionnelle pour les prochains scrutins. Toutefois, le choix du partenaire grenoblois suscite une vive polémique.

Alain Carignon, ancien ministre et édile, a en effet purgé l’une des plus longues peines de prison jamais infligées à un responsable politique français dans les années 1990. Ses condamnations définitives pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins, dans l’affaire dite de la Lyonnaise des eaux, avaient scandalisé l’opinion publique.

Malgré ce passé, la liste menée par Pierre-Edouard Cardinal a voté, à une large majorité, en faveur de cette union. Cette décision a immédiatement provoqué un tollé au sein de l’appareil national du parti, plusieurs figures, dont la députée Camille Galliard-Minier, dénonçant une entorse aux valeurs affichées.

Face à la controverse, la direction nationale de Renaissance a finalement décidé de s’opposer publiquement à cet accord local. La coordinatrice départementale du parti, qui soutenait l’initiative, a été évincée de ses fonctions électorales.

Cet épisode grenoblois révèle les tensions entre les ambitions électorales territoriales et les principes proclamés. Il interroge sur la concrétisation, sur le terrain, des promesses de moralisation de la vie publique, un thème pourtant central lors de la fondation du mouvement. Le cas n’est d’ailleurs pas isolé, d’autres soutiens controversés à des candidats sortants ailleurs en France alimentant le débat sur la ligne éthique du parti au pouvoir.

Vous aimerez peut-être aussi