accueil PolitiqueRenaissance en porte-à-faux après un ralliement local contesté à Grenoble

Renaissance en porte-à-faux après un ralliement local contesté à Grenoble

par Fabien Jannic-Cherbonnel
0 commentaires 1 vues

À l’approche des élections municipales, une alliance conclue à Grenoble crée la controverse au sein de la majorité présidentielle. Le candidat investi par Renaissance et le MoDem, Pierre-Edouard Cardinal, a annoncé son ralliement à l’ancien maire de la ville, Alain Carignon, pour former une liste commune. Cette décision vise à contrer la gauche unie, hors La France insoumise, qui aspire à succéder au maire écologiste sortant, Éric Piolle.

Le choix du candidat local suscite un vif débat national en raison du parcours judiciaire singulier d’Alain Carignon. L’ancien édile, aujourd’hui âgé de 76 ans, a été condamné à plusieurs reprises dans les années 1990 pour des faits de corruption, dont des abus de biens sociaux et des subornations de témoins. Il détient le record de la plus longue peine de prison purgée par un responsable politique de premier plan en France, avec 29 mois d’incarcération entre 1994 et 1998. Ces condamnations font suite à l’affaire dite « Dauphine News », dans laquelle il avait été reconnu coupable d’avoir monnayé l’attribution du service de l’eau de Grenoble contre des avantages personnels estimés à l’époque à plusieurs millions de francs.

Malgré ce passé, Pierre-Edouard Cardinal a défendu sa décision, la présentant comme le fruit d’un vote interne de sa liste, approuvé à une large majorité. Il est soutenu dans cette démarche par l’ancienne candidate macroniste Émilie Chalas. Le candidat justifie cette coalition par la nécessité de battre la gauche et de tourner la page du mandat écologiste.

Cette initiative locale n’a pas été du goût de la direction nationale de Renaissance. Plusieurs figures du parti, dont la députée Camille Galliard-Minier, ont publiquement désavoué cette alliance, invoquant le respect des « valeurs ». La direction a finalement annoncé qu’elle s’opposerait officiellement à l’accord et a relevé Émilie Chalas de ses fonctions de coordinatrice des municipales dans le département.

Cet épisode grenoblois intervient dans un contexte où Renaissance, tout en affichant une ligne de plus en plus marquée à droite pour les prochains scrutins, se trouve confronté à des contradictions internes. Le mouvement, qui avait fait de la « république exemplaire » un de ses credo à sa création, semble aujourd’hui devoir gérer des soutiens locaux à des personnalités controversées. Cette situation rappelle d’autres cas, comme le maintien du soutien à André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux visé par des plaintes pour agression sexuelle, illustrant les tensions entre stratégie électorale et exigence éthique affichée.

Vous aimerez peut-être aussi