Une nouvelle initiative législative concernant des produits phytosanitaires a déclenché une tempête politique, conduisant à des échanges particulièrement acerbes et à l’annonce d’une procédure judiciaire.
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a fait savoir qu’une plainte avait été déposée et que la Haute Assemblée réfléchissait à se constituer partie civile. Cette décision fait suite à des commentaires jugés injurieux émis par l’eurodéputée Rima Hassan à l’encontre du sénateur Laurent Duplomb.
La polémique trouve son origine dans une proposition de loi déposée par ce dernier, visant à réautoriser l’utilisation de certains pesticides dont les effets sur l’environnement et la santé font débat. En réaction, l’élue a tenu des propos très durs sur les réseaux sociaux, qualifiant le parlementaire d’« ordure » et suggérant, dans un autre message, que sa place était « en prison » dans une démocratie fonctionnelle. Elle a également partagé publiquement ses coordonnées officielles, invitant les citoyens à l’interroger sur ses motivations.
Le sénateur visé a porté l’affaire devant la présidence du Sénat. Dans un communiqué, il a rétorqué que le seul projet politique de son détractrice semblait être le « chaos ». Il a reçu le soutien de son groupe politique, dont le président a fustigé des méthodes fondées sur la « haine ».
Si la famille politique du sénateur fait front commun autour de lui, son initiative législative divise bien au-delà. L’opposition est vive, y compris dans les rangs de la majorité présidentielle. À l’approche du Salon de l’Agriculture et alors qu’un débat parlementaire est prévu sur une pétition réclamant l’abrogation d’une loi précédente, le sujet est sensible. L’exécutif, par la voix du ministre concerné, semble adopter une position d’attente, se référant à un avis juridique à venir.
L’épisode illustre la vigueur, parfois extrême, des débats entourant les questions agricoles et environnementales, un dossier qui continue de cristalliser les tensions au plus haut niveau de l’État.