Dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens régionaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dressé un bilan des derniers mois et esquissé la feuille de route de son gouvernement pour les temps à venir, laissant entendre sa volonté de rester en poste pour la durée.
Revenant sur l’adoption difficile du budget dans un Parlement sans majorité absolue, le chef du gouvernement a reconnu que la situation avait été périlleuse, évitant de justesse, selon ses termes, une issue grave. Il a défendu la stratégie de négociation qui a été la sienne, arguant que dialoguer avec la gauche républicaine était la seule alternative viable à une alliance impensable avec l’extrême droite. Une position qui continue de susciter des tensions au sein de la majorité présidentielle.
S’exprimant avec une certaine retenue, Lecornu a rejeté toute idée de triomphe personnel, insistant sur la priorité donnée à l’intérêt national, même au prix de décisions contraires à ses convictions. Il a fermement distingué les partis de gouvernement, avec lesquels le compromis est possible, des forces qu’il accuse, à l’extrême gauche et à l’extrême droite, de chercher à entraver le fonctionnement des institutions.
Tourné vers l’avenir, le Premier ministre a annoncé une série de réformes à venir. Une loi d’urgence est prévue pour le secteur agricole, tandis que la renégociation de la Politique Agricole Commune (PAC) figurera parmi les dossiers majeurs des prochaines années. Un « grand acte » de décentralisation est également à l’étude, visant à redéfinir les compétences de l’État et des collectivités locales. Des sujets sensibles comme la réforme de l’Aide Médicale d’État (AME) ou la feuille de route énergétique sont également dans le collimateur du gouvernement.
Cet agenda chargé semble indiquer que Sébastien Lecornu ne se voit pas comme un Premier ministre de transition. Il a clairement laissé entendre son souhait de poursuivre sa mission jusqu’au terme du quinquennat, estimant que l’instabilité gouvernementale a trop coûté au pays par le passé. Tout en confirmant qu’il ne serait pas candidat à la prochaine élection présidentielle, il a annoncé un prochain « ajustement » de son équipe gouvernementale, distinct d’un remaniement en bonne et due forme.