accueil PolitiqueL’offre d’union du RN sèchement déclinée par des poids lourds de la droite républicaine

L’offre d’union du RN sèchement déclinée par des poids lourds de la droite républicaine

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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La perspective d’une alliance électorale entre la droite et l’extrême droite a essuyé un net revers après des prises de position fermes de figures majeures des Républicains (LR). Ces déclarations interviennent en réponse aux avances récentes du Rassemblement national (RN).

Lors d’une intervention médiatique, Jordan Bardella, président du RN, avait laissé entendre une ouverture à des listes communes au second tour de certaines élections locales, notamment pour contrer des candidatures de gauche. Cette proposition, conditionnée à un accord sur des thèmes comme la sécurité ou la laïcité, visait clairement un rapprochement avec LR.

La réponse n’a pas tardé et s’est avérée sans ambiguïté. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a catégoriquement rejeté toute entente avec les dirigeants du parti d’extrême droite. « Je les combats », a-t-il affirmé, estimant que l’objectif du RN était la conquête du pouvoir à tout prix et non le redressement du pays. Il a même indiqué qu’il s’opposerait au RN « de toutes [ses] forces » en cas d’accession au pouvoir, y compris dans un hypothétique face-à-face avec La France insoumise.

Michel Barnier, ancien ministre, a adopté une ligne tout aussi inflexible. Déclarant ne jamais plaider pour une alliance avec l’extrême droite, il a précisé que les électeurs étaient libres de leurs choix au second tour sans qu’un accord entre partis ne soit nécessaire. Évoquant le cas d’une candidate alliée au parti allemand AfD au Parlement européen, qu’il a qualifié de formation « d’inspiration néonazie », il a martelé son refus par un « pas question, c’est aussi simple que ça ». Pour lui, l’avenir de la droite républicaine passe par le regain de confiance des citoyens et des rapprochements vers le centre.

L’absence de réaction immédiate de Bruno Retailleau, le président de LR, contraste avec ces prises de position tranchées. Cette frilosité à s’exprimer sur le sujet suscite des interrogations, d’autant que le parti a déjà appelé par le passé à faire barrage à la gauche lors d’un scrutin. Xavier Bertrand a d’ailleurs publiquement invité Bruno Retailleau à clarifier sa position.

Ces rebuffades successives illustrent les fractures persistantes au sein de la droite française sur la stratégie à adopter face au RN. Alors que certains cadres semblent envisager des alliances tactiques, d’autres, parmi les plus influents, y opposent une fin de non-recevoir au nom d’un cordon sanitaire réaffirmé.

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