accueil SociétéKeir Starmer s’accroche au pouvoir malgré la tempête Epstein

Keir Starmer s’accroche au pouvoir malgré la tempête Epstein

par Lionel Feuerstein
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Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a fermement rejeté toute idée de démission, face à une crise politique majeure déclenchée par sa nomination controversée d’un ancien ministre lié au réseau de Jeffrey Epstein. Devant les députés de son parti lundi soir, le chef du gouvernement travailliste a martelé sa détermination à rester en poste, affirmant qu’il n’avait pas « combattu si dur pour changer le pays » pour abandonner maintenant.

Cette déclaration de fermeté intervient alors que le scandale ne cesse de s’étendre. Starmer est sous le feu des critiques pour avoir nommé Peter Mandelson, une figure politique chevronnée, au poste stratégique d’ambassadeur à Washington en 2024, et ce en dépit de connaissances sur ses relations passées avec le financier américain condamné pour trafic sexuel. La révélation récente de documents suggérant que Mandelson aurait transmis à Epstein des informations sensibles pendant son mandat ministériel a jeté de l’huile sur le feu, poussant la police à ouvrir une enquête et à procéder à des perquisitions.

La position du Premier ministre a semblé vaciller ces derniers jours avec les démissions successives de son directeur de cabinet et de son conseiller en communication, deux départs directement liés à l’affaire Mandelson. Ces défections ont exposé les fractures au sein de l’appareil dirigeant, alors même que le Labour se prépare à des scrutins locaux délicats et qu’un parti anti-immigration, Reform UK, monte dans les sondages.

Pourtant, Starmer a reçu un soutien public crucial de la part de plusieurs piliers de son gouvernement, dont les ministres des Finances, des Affaires étrangères et de la Justice. Ce front uni a temporairement consolidé sa position, lui permettant d’être applaudi par le groupe parlementaire travailliste. Le chef du gouvernement a présenté ses excuses aux victimes d’Epstein la semaine dernière, reconnaissant avoir été « trompé » par les dénégations de Mandelson, tout en maintenant qu’il était l’homme de la situation pour diriger le pays.

Au-delà des remous parlementaires, l’enjeu pour Starmer est de convaincre l’opinion publique. Si sa cote de popularité est au plus bas, certains citoyens expriment une crainte du chaos politique. L’argument de la stabilité, face à la perspective d’une arrivée au pouvoir du populiste Nigel Farage, semble être l’un des derniers leviers du Premier ministre. Des observateurs politiques notent que l’absence de successeur évident au sein du Labour et sa large majorité à la Chambre des communes pourraient lui offrir un répit, malgré une autorité durablement entamée. La bataille pour sa survie politique est désormais une course contre la montre, à quelques semaines d’élections test qui pourraient sceller son destin.

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