Après une longue attente, le gouvernement a dévoilé sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). Ce document, conçu pour orienter les politiques publiques jusqu’à la fin de la décennie, fixe un cap ambitieux mêlant enjeux de santé publique, de justice sociale et de transition écologique.
Le constat de départ est sans appel : l’alimentation représente un quart des émissions de carbone du pays. Parallèlement, près d’un Français sur six est touché par la précarité alimentaire, tandis qu’une proportion similaire de la population est en surpoids. Face à ce triple défi, la stratégie articule ses mesures autour de quatre axes principaux et vingt objectifs concrets.
Transparence et information du consommateur
Parmi les mesures phares figure l’extension prévue du Nutri-Score. Connu des consommateurs sur les produits emballés, cet indicateur pourrait bientôt faire l’objet d’une expérimentation de trois ans dans la restauration collective et commerciale, ainsi que sur les denrées non pré-emballées. Dans la même veine, un nouvel affichage environnemental, destiné à quantifier l’impact climatique des produits, est à l’étude. Son déploiement, pour l’instant envisagé sur une base volontaire, pourrait à terme devenir obligatoire.
Encadrement de la publicité et qualité dans la restauration
La stratégie nationale pointe également du doigt l’influence du marketing alimentaire. Elle prévoit ainsi de réduire l’exposition des jeunes aux publicités pour les produits riches en graisses, en sel ou en sucres, en s’appuyant notamment sur une charte engageant les annonceurs. Ces derniers seront incités à intégrer le Nutri-Score et le futur affichage environnemental dans leurs communications. Le texte n’exclut pas, en cas d’échec des engagements volontaires, le recours à une réglementation plus stricte.
Par ailleurs, l’encadrement de la qualité nutritionnelle, jusqu’ici réservé aux cantines scolaires, devrait être étendu. Les repas servis dans les crèches, les établissements pour personnes âgées dépendantes et les prisons pourraient faire l’objet de nouvelles normes.
Objectifs chiffrés et lutte contre le gaspillage
La feuille de route fixe des objectifs quantitatifs clairs. Elle ambitionne notamment de porter la part des produits issus de l’agriculture biologique à 12% de la consommation alimentaire en valeur, contre 5,4% actuellement.
Autre priorité affichée : intensifier la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui représente environ 18% de la production nationale. Les autorités entendent renforcer les contrôles et les sanctions auprès de l’ensemble des acteurs concernés, en s’appuyant sur la législation existante.
Enfin, la stratégie propose de rendre obligatoire, d’ici 2030, la publication du pourcentage d’achats de produits « durables et de qualité » par les grandes surfaces et la restauration commerciale. Cette mesure de transparence vise à créer un effet d’entraînement, alors que seules les cantines sont actuellement soumises à un seuil minimal d’approvisionnement.
Ce plan d’ensemble dessine ainsi les contours d’une transformation profonde du système alimentaire français pour les années à venir, avec l’ambition de concilier assiette, santé et planète.