accueil FranceL’appel à la lumière : la pression monte pour une enquête française sur les agissements d’Epstein à Paris

L’appel à la lumière : la pression monte pour une enquête française sur les agissements d’Epstein à Paris

par Anaïs Hanquet
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Alors que des millions de documents viennent d’être déclassifiés aux États-Unis, relançant le scandale Epstein à l’international, une voix s’élève en France pour exiger que la justice nationale reprenne le dossier. L’association de protection de l’enfance Innocence en Danger conteste fermement l’analyse selon laquelle cette affaire serait avant tout américaine et presse le parquet de Paris d’approfondir ses investigations.

La raison de cette insistance ? Un appartement de 800 mètres carrés, situé avenue Foch, dans le 16e arrondissement de la capitale. Jeffrey Epstein en était le propriétaire depuis 2001 et y séjournait régulièrement jusqu’à sa mort en 2019. Pour les défenseurs des victimes, ce lieu n’était pas une simple résidence parisienne, mais un possible théâtre d’abus. L’association avait d’ailleurs saisi la justice française dès juillet 2019, conduisant à l’ouverture d’une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.

« Les éléments pour agir existaient déjà il y a cinq ans. Aujourd’hui, avec les nouvelles révélations, ils sont encore plus nombreux. Il est temps que la vérité éclate sur ce qui s’est passé en France », affirme la présidente de l’association, soulignant que l’ancien financier avait sciemment choisi de s’implanter à Paris.

Les témoignages recueillis par le passé dessinent un cadre troublant. L’intendant personnel d’Epstein, qui a servi le milliardaire pendant près de deux décennies, avait évoqué le passage de « très nombreuses femmes » dans l’appartement, dont certaines entretenaient, selon lui, des « relations tarifées » avec son employeur. Il avait ajouté que toutes ne lui semblaient pas majeures. Un artisan ayant travaillé sur place au début des années 2000 s’était dit marqué par les nombreuses photos de jeunes filles qui y étaient exposées, évoquant une atmosphère « limite ».

Comme dans ses autres propriétés, l’appartement parisien était équipé d’une salle de massage, un détail qui résonne sinistrement au regard des accusations de viols formulées par des plaignantes américaines dans des pièces similaires. L’une d’entre elles, par la voix de son avocate, a explicitement accusé Epstein de l’avoir agressée « sur le sol français ».

Au-delà des potentielles violences, ce duplex luxueux servait de salon mondain, où se croisaient des personnalités influentes du monde politique, culturel et économique. Si la simple fréquentation des lieux n’implique aucune culpabilité, elle interroge sur l’étendue du réseau et les éventuelles complicités qui ont pu permettre au système Epstein de fonctionner.

L’association réclame également des clarifications sur le rôle de l’ancien agent de mannequins Jean-Luc Brunel, proche d’Epstein, mis en examen pour viols sur mineur avant de se suicider en prison en 2022. Considéré comme un « rabatteur » présumé, sa mort a mis un terme aux poursuites le concernant, laissant de nombreuses questions sans réponse sur les mécanismes d’un possible trafic.

Face à cette pression croissante, le parquet de Paris garde pour l’instant le silence, sans indiquer si la publication des nouveaux documents justifiera une réouverture du volet français de cette affaire qui continue de hanter la conscience collective.

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