accueil France« Ganito », la cavale d’un jeune détenu s’achève dans le Sud

« Ganito », la cavale d’un jeune détenu s’achève dans le Sud

par Anaïs Hanquet
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La traque a pris fin le soir même de ses dix-neuf ans. Ilyas Kherbouch, surnommé « Ganito », a été appréhendé sans violence ce vendredi à Canet-en-Roussillon, mettant un terme à deux semaines de fuite. Son évasion spectaculaire de la maison d’arrêt de Villepinte, le 7 mars dernier, avait mobilisé plusieurs unités de police.

L’interpellation est intervenue grâce à l’action conjointe de la Brigade de recherche et d’intervention des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault, épaulée par la Brigade nationale de recherche des fugitifs. Le jeune homme, déjà connu des services judiciaires pour une série de vols aggravés, purgeait plusieurs peines et était également sous le coup d’une détention provisoire dans deux autres dossiers.

Parmi les affaires qui pèsent contre lui figure notamment son implication présumée dans le cambriolage violent au domicile du gardien de but du Paris Saint-Germain, Gianluigi Donnarumma. Il est aussi soupçonné d’avoir menacé un individu lié à cette affaire, qui s’est par la suite donné la mort en détention.

Son évasion, elle, s’est déroulée sans effusion de sang mais avec un audace troublante. En plein après-midi, trois individus s’étaient présentés au centre pénitentiaire en se faisant passer pour des policiers venus extraire un détenu pour une garde à vue. Le subterfuge a fonctionné : Ilyas Kherbouch est sorti librement. Ce n’est que quarante-huit heures plus tard, délai maximal d’une garde à vue, que son absence a été signalée.

Son avocate avait alors évoqué le parcours d’un jeune homme qui, selon elle, n’a « pratiquement jamais connu la liberté » depuis l’adolescence, un besoin viscéral qui aurait motivé sa fuite. Dans son entourage, on le décrit comme un personnage à l’ego démesuré, nourri par des années derrière les barreaux, et animé par le désir de « marquer l’histoire ».

Une information judiciaire a été ouverte à Paris. Déjà, deux hommes, dont un mineur, ont été mis en examen. L’un d’eux, un majeur de Toulon, est soupçonné d’avoir joué le rôle du faux policier. Les charges retenues sont lourdes : évasion en bande organisée, association de malfaiteurs, mais aussi corruption active et faux en écriture publique, laissant planer le doute sur une possible complicité interne.

Les premières pistes avaient émergé presque par hasard, avant même que l’évasion ne soit officiellement constatée. Le 8 mars, lors d’un contrôle routier, des policiers avaient découvert dans une voiture un attirail suspect : gyrophare, brassards, menottes, perruque et de fausses cartes de police. Sur ces cartes figuraient les photos du conducteur et d’une jeune femme portant une perruque blonde, indices qui auraient servi à l’équipe chargée de l’extraction.

La cavale de « Ganito » s’achève donc, mais l’enquête se poursuit pour déterminer les ramifications de cette évasion audacieuse et les failles qu’elle a exposées.

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