accueil Faits diversFin de cavale pour « Ganito » : l’évadé de Villepinte arrêté dans une station balnéaire

Fin de cavale pour « Ganito » : l’évadé de Villepinte arrêté dans une station balnéaire

par Sylvain Tronchet
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La traque a pris fin dans l’ambiance feutrée d’une résidence de vacances. Ilyas Kherbouch, le détenu évadé de la prison de Villepinte sous le pseudonyme de « Ganito », a été interpellé ce vendredi soir à Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales. Son arrestation, survenue le jour de son 21e anniversaire, met un terme à près de quinze jours de fuite initiée par une évasion spectaculaire.

Les forces de l’ordre, mobilisées par la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), ont localisé l’individu au sein du complexe Malibu Village. Selon des sources informées, l’appartement avait été réservé pour deux nuits via une plateforme en ligne par une femme l’accompagnant, identifiée comme sa compagne. Cette dernière, ancienne surveillante pénitentiaire à Villepinte, avait été révoquée plus tôt dans l’année pour des faits liés à des trafics présumés.

Les équipes d’intervention, issues des BRI de Montpellier et de Perpignan, ont mené l’opération sans incident notable. L’individu, qui aurait modifié son apparence, a été appréhendé peu avant 21 heures. Conduit à Perpignan, il est actuellement en retenue judiciaire. Un mandat d’arrêt a été notifié à son encontre, et une comparution devant un juge des libertés et de la détention était prévue, première étape avant un renvoi devant les juges d’instruction parisiens.

Cette arrestation clôt un chapitre ouvert le 7 mars dernier. Ce jour-là, Ilyas Kherbouch avait quitté l’établissement pénitentiaire grâce à un stratagème audacieux impliquant trois complices déguisés en policiers. Munis de faux brassards et d’un ordre d’extraction frauduleux portant le tampon officiel du tribunal de Melun, ils avaient présenté un faux mandat de garde à vue. L’opération, minutieusement préparée, avait duré moins d’une demi-heure.

Les investigations consécutives à cette évasion avaient rapidement permis d’interpeller deux suspects, dont un mineur, lors d’un contrôle routier à Paris. Dans leurs affaires, les enquêteurs avaient découvert le matériel utilisé pour la supercherie. Ils sont depuis mis en examen pour une série de charges graves, incluant faux en écriture publique, corruption et évasion en bande organisée.

Le parcours judiciaire du fugitif est marqué par une récidive précoce. Connu des services de justice pour de multiples vols aggravés, il n’aurait connu que quelques semaines de liberté depuis ses 14 ans. Incarcéré à Villepinte pour y purger plusieurs peines, il était également détenu provisoirement dans le cadre de deux autres affaires. Parmi ses condamnations figure une peine de sept ans de prison prononcée en 2024 pour son implication dans la séquestration et le cambriolage d’un chef étoilé parisien. Récemment, il a aussi été mis en examen dans l’enquête sur le home-jacking visant l’ancien gardien du PSG, Gianluigi Donnarumma.

La veille de son évasion, une cour d’appel venait de le condamner à six ans de prison ferme pour complicité de tentative de vol aggravé. La présidente de la cour avait alors émis un mandat d’arrêt, déplorant un « casier épouvantable » et le choix de la fuite malgré les efforts consentis par l’institution. Sa sortie de détention, avant les nouvelles décisions de justice, n’était initialement pas attendue avant 2035.

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