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Trente ans de réclusion pour le meurtre de Justine Vayrac en Corrèze

par Anaïs Hanquet
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Un verdict est tombé, mettant un terme judiciaire à un drame qui a bouleversé la Corrèze. Lucas Larivée, 24 ans, a été condamné à trente années de réclusion criminelle, dont vingt ans de période de sûreté, pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac, une jeune femme de 20 ans, survenu à l’automne 2022. Le jury d’assises a ainsi retenu une peine inférieure à la perpétuité requise par l’accusation.

Le procès, qui s’est déroulé sur plusieurs jours, a été marqué par l’affrontement de deux versions radicalement opposées des faits. La défense de Lucas Larivée a maintenu jusqu’au bout la thèse d’un accident tragique survenu dans le cadre d’un jeu sexuel consenti, un étranglement qui aurait mal tourné, sans intention de tuer. Une narration que l’accusation a qualifiée de « mécanique machiavélique et glaçante », démontée pièce par pièce durant les débats.

Les éléments du dossier, en effet, sont venus contredire frontalement les déclarations de l’accusé. Les expertises médico-légales ont relevé des traces de coups et des projections de sang dans la chambre. Le témoignage poignant d’une autre jeune femme, affirmant avoir été étranglée par Lucas Larivée dans les mêmes circonstances, et dans le même lit, seulement deux heures après la mort de Justine, a profondément ébranlé la salle d’audience. Enfin, les multiples mensonges et la construction d’un alibi autour d’un agresseur fictif ont été perçus par la cour comme les marques d’une tentative de dissimulation calculée.

Lors des réquisitions, l’avocate générale a dressé le portrait d’un individu présentant, selon les experts, des traits psychopathiques, « intolérant à la frustration » et dangereux pour la société, tout en précisant qu’il ne fallait pas y voir un « monstre ». Pour la famille de la victime, représentée par son avocat, Justine Vayrac, décrite comme une jeune femme « douce » et en état de vulnérabilité ce soir-là, n’était qu' »une proie de plus » pour un séducteur collectionnant les conquêtes.

À la barre, Lucas Larivée avait qualifié son acte d' »irréparable » et d' »impardonnable », les larmes aux yeux, tout en restant campé sur sa version des faits. L’annonce du verdict a provoqué une scène d’une rare intensité émotionnelle entre les familles endeuillées, un moment de douleur partagée au-delà des bancs de la cour.

La défense, qui avait vivement contesté les conclusions de l’expertise psychiatrique la veille du verdict, n’a pas souhaité commenter la décision dans l’immédiat, évoquant un temps de réflexion nécessaire quant à un éventuel appel.

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