Au printemps 2020, alors que Paris était paralysée par le premier confinement, une course mythique tombait à l’eau. Le marathon de la capitale, comme tant d’autres événements, fut purement et simplement annulé. Mais pour un homme, l’appel de la distance était plus fort que les restrictions. Cet homme n’était autre qu’Emmanuel Grégoire, qui venait d’être élu à la tête de la ville.
Plutôt que de renoncer, l’élu, alors premier adjoint, releva un défi pour le moins insolite. Son stade ? Les longs couloirs et les vastes salles de l’Hôtel de Ville. Son objectif ? Boucler coûte que coûte les 42,195 kilomètres réglementaires. Il qualifia lui-même cette initiative de « pari idiot et exigeant », une façon de défier l’absurdité du moment.
Ce dimanche d’avril, alors qu’il était de permanence dans le bâtiment municipal, il transforma son lieu de travail en parcours d’athlétisme. Cette course solitaire, a-t-il expliqué par la suite, représentait bien plus qu’un simple exploit physique. Elle fut un exutoire face aux contraintes de l’époque et un acte symbolique, un plaidoyer personnel pour le retour à une vie normale. « Rien à gagner si ce n’est le plaisir d’être le premier », confia-t-il avec humour, s’octroyant une victoire à titre purement privé.
Cette anecdote illustre une certaine familiarité, presque intime, avec les lieux du pouvoir parisien. Une familiarité qui a sans doute trouvé un écho six ans plus tard, au soir de sa victoire aux élections municipales. Pour se rendre à l’Hôtel de Ville, le nouveau maire a cette fois choisi un deux-roues plus conventionnel, mais tout aussi emblématique de la capitale : un Vélib’. Un trajet tranquille vers un bâtiment dont il connaît désormais chaque recoin, pour y avoir, un jour de confinement, couru son marathon personnel.