accueil FranceUne enquête révèle des manquements graves et une mortalité alarmante en psychiatrie à Melun

Une enquête révèle des manquements graves et une mortalité alarmante en psychiatrie à Melun

par Anaïs Hanquet
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Un rapport officiel tire la sonnette d’alarme sur les conditions de prise en charge au sein du pôle psychiatrique de l’hôpital de Melun. Le document, rendu public ce mardi, met en lumière des défaillances systémiques portant gravement atteinte aux droits fondamentaux des personnes hospitalisées.

Le constat le plus frappant concerne un taux de mortalité anormal au cours des dix-huit derniers mois. Sept patients ont perdu la vie dans ce service de 88 lits, un chiffre qui interpelle les autorités de contrôle. Il est précisé qu’aucun de ces décès n’est lié à un acte suicidaire, soulignant d’autant plus la nécessité d’un examen approfondi des pratiques de soins.

L’enquête dénonce un suivi médical global défaillant, particulièrement pour les pathologies non psychiatriques. Des cas concrets sont cités, comme celui d’une patiente atteinte d’apnée du sommeil dont le suivi n’a fait l’objet que d’échanges verbaux entre soignants, sans aucune trace écrite. Un autre exemple mentionne l’absence de réaction face à des signes vitaux anormaux chez un patient, révélant des lacunes dans la surveillance clinique.

La gestion des mesures de restriction de liberté est vivement critiquée. Le rapport relève une utilisation excessive et abusive des chambres d’isolement, dont le nombre dans l’établissement est jugé disproportionné par rapport aux standards nationaux. Plus grave, il est fait état de l’hospitalisation illégale de mineurs dans des unités pour adultes, où certains ont subi des mesures d’isolement et de contention sur la base de décisions non formalisées.

Face à ces révélations, la direction de l’établissement a fait valoir les améliorations engagées depuis une précédente inspection. Elle affirme avoir réduit le recours à l’isolement, systématisé une consultation médicale dès le début de toute mesure restrictive, et mis en place un registre unique pour en assurer la traçabilité. L’hôpital souligne également qu’aucun mineur n’est désormais placé en chambre d’isolement.

Cependant, la direction pointe du doigt des problèmes structurels plus larges, notamment une pénurie criante de pédopsychiatres dans le département et l’absence d’unités d’hospitalisation adaptées aux jeunes patients en détresse psychique. Elle appelle à une mobilisation plus globale des pouvoirs publics pour répondre à ces carences.

Le ministère de la Santé dispose désormais d’un mois pour examiner ces conclusions accablantes et formuler ses observations, alors que la lumière est brutalement portée sur les fragilités d’un système de soins psychiatriques sous tension.

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