Des allégations de pratiques cruelles ont été portées contre un établissement d’abattage public situé au Lamentin, en Martinique. Une plainte a été déposée par une organisation de protection animale, qui affirme avoir documenté des manquements graves au bien-être animal.
Selon les éléments rapportés, des enquêteurs auraient filmé des scènes montrant des bovins encore conscients lors de la saignée, une phase qui doit normalement intervenir après que l’animal a été rendu inconscient. Les images, captées au début de l’année, montreraient des animaux se débattant alors qu’ils sont égorgés.
Le système de contention utilisé pour immobiliser les bêtes avant l’étourdissement est pointé du doigt. Il serait inadapté, ne garantissant pas une perte de conscience effective avant la mise à mort. Plus troublant encore, l’association avance que certains animaux présentaient encore des signes de vie lors des premières phases de découpe.
Une autre pratique contestée concerne le placement de plusieurs veaux simultanément dans le box de contention, ce qui contreviendrait à l’obligation réglementaire d’un étourdissement individuel et isolé.
Face à ces révélations, les autorités locales ont annoncé le lancement immédiat d’une enquête approfondie. Elles se sont engagées à prendre, le cas échéant, toutes les mesures correctives nécessaires avec une pleine transparence.
L’organisation à l’origine des accusations a exigé la fermeture temporaire de l’installation le temps de l’enquête et a saisi le parquet de Fort-de-France pour « sévices graves et actes de cruauté ».
Cet abattoir est notamment utilisé pour l’abattage d’une race bovine rustique, adaptée au climat tropical. Ces allégations interviennent alors que cette même race devait être mise en valeur lors d’un événement agricole national prévu l’an prochain. L’affaire relance le débat sur les contrôles et le respect des normes dans les abattoirs.