accueil Faits diversUne arnaque aux sentiments sans demande d’argent laisse des traces psychologiques profondes

Une arnaque aux sentiments sans demande d’argent laisse des traces psychologiques profondes

par Sylvain Tronchet
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Plusieurs femmes rapportent avoir été piégées par un schéma de manipulation élaboré, où l’objectif ne semble pas avoir été financier, mais bien l’exercice d’une emprise psychologique. Le scénario, répété, commence souvent sur une application de rencontres par une idylle virtuelle intense avec un homme nommé Mathias. Cet échange, nourri de photos, de vidéos et de messages vocaux, crée un lien affectif rapide.

L’histoire bascule avec l’entrée en scène d’un troisième personnage : Julie, présentée comme la meilleure amie de Mathias. Celle-ci prend contact, prétextant une mission de la part de l’homme absent, et parvient à rencontrer la victime. Une relation de proximité s’instaure alors, tandis que Mathias, toujours invisible, reporte sans cesse les rencontres. Les gestes, comme la livraison surprise d’un somptueux bouquet, mêlent romance et intrusion inquiétante, laissant la victime partagée entre l’enchantement et un profond malaise.

La révélation survient souvent de l’extérieur. Pour l’une d’elles, c’est un ami qui, ayant écouté un podcast détaillant une histoire identique, l’alerte : Mathias n’existe pas. Le personnage est une création de Julie. Les photos utilisées pour le faux profil sont volées, comme en témoigne Jonathan, dont l’image a été usurpée à son insu. Il décrit un sentiment de violation, conscient que son apparence a servi à tromper.

Derrière le pseudonyme de Julie se cacherait une détective privée, selon les informations recueillies. Son mode opératoire, sophistiqué et reproductible, vise à construire une relation de confiance pour ensuite instaurer une dynamique de contrôle. Les victimes, à qui aucun argent n’a été demandé, décrivent toutes un choc émotionnel violent lors de la découverte de la supercherie. Le sentiment de trahison est doublé d’une colère tournée contre elles-mêmes, pour avoir été abusées.

Les experts pointent la recherche de puissance comme moteur possible de tels agissements. Pour le psychocriminologue Florent Gathérias, l’enjeu pour la manipulatrice réside dans « la sensation de toute-puissance » procurée par l’emprise sur ses victimes. Si la personne mise en cause conteste les faits, plusieurs mains courantes ont été déposées et une plainte a été transmise au parquet. Cette affaire met en lumière une forme de prédation numérique où le butin n’est pas pécuniaire, mais psychologique, laissant des séquelles durables chez celles qui en sont la cible.

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