Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 mars, un projet d’attaque contre le siège parisien de la Bank of America a été contrecarré par les forces de l’ordre. L’intervention rapide des policiers a permis d’éviter une explosion devant l’immeuble situé rue La Boétie, dans le 8e arrondissement.
Vers 3h30 du matin, une patrouille a surpris un individu en train de déposer un engin incendiaire devant l’entrée de l’établissement financier. Alors qu’il s’apprêtait à en actionner le mécanisme, l’homme a été immédiatement maîtrisé. Un complice, qui semblait filmer l’opération, a pris la fuite mais a été retrouvé et interpellé le lendemain, en compagnie d’une troisième personne.
L’engin, de fabrication artisanale, se composait d’un bidon de cinq litres rempli d’un liquide inflammable, vraisemblablement un hydrocarbure. Un système de mise à feu, intégrant un pétard contenant environ 650 grammes de poudre explosive, était destiné à provoquer l’ignition. L’ensemble a été confié aux experts de la police scientifique pour des analyses approfondies.
Le premier suspect appréhendé sur place est un adolescent de 17 ans, résidant à Montreuil et déjà connu des services de police. Selon ses déclarations aux enquêteurs, il aurait été recruté via une messagerie instantanée pour mener cette action en échange d’une somme d’argent. Sa garde à vue, ainsi que celle des deux autres individus, a été prolongée dans le cadre de l’enquête confiée au parquet national antiterroriste.
Les investigations s’orientent vers la piste d’une motivation liée au conflit au Moyen-Orient. Les autorités françaises avaient récemment renforcé la vigilance autour des intérêts américains et israéliens sur le territoire national, identifiés comme des cibles potentielles. Quelques jours avant les faits, un avertissement émanant d’un partenaire étranger concernant une menace visant cette banque avait d’ailleurs été transmis.
Sur les réseaux sociaux, un groupuscule avait diffusé une vidéo menaçant explicitement l’établissement, l’accusant de soutenir financièrement Israël. Bien que ce groupe n’ait pas revendiqué la tentative parisienne, les méthodes employées présentent des similitudes avec d’autres actes de vandalisme récents sur le continent européen.
Le ministre de l’Intérieur a évoqué la possibilité d’actions menées par des intermédiaires, soulignant des convergences troublantes avec des opérations attribuées à des services iraniens. L’enquête vise maintenant à déterminer l’existence d’un commanditaire et les éventuels liens avec des réseaux plus structurés.