accueil SociétéCigéo : la facture du stockage géologique des déchets nucléaires dépasse les 33 milliards d’euros

Cigéo : la facture du stockage géologique des déchets nucléaires dépasse les 33 milliards d’euros

par Lionel Feuerstein
0 commentaires 6 vues

Le projet d’enfouissement des déchets les plus dangereux du parc nucléaire français connaît une inflation budgétaire significative. L’État vient d’acter un nouveau coût de référence pour Cigéo, le centre de stockage profond prévu à Bure, dans la Meuse, le portant à 33,36 milliards d’euros. Cette estimation, publiée au Journal officiel, marque une hausse substantielle par rapport aux 25 milliards envisagés lors d’une précédente évaluation en 2016.

Cette révision, qui s’appuie sur les conditions économiques du début de l’année 2025, était attendue. Elle se situe dans la fourchette anticipée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), maître d’ouvrage du projet. L’objectif de cette mise à jour était de fournir une base financière actualisée avant le lancement de l’enquête publique, étape cruciale prévue pour la fin de l’année 2026.

Le chiffre global couvre l’ensemble du cycle de vie du site, sur une période de 151 ans à compter de 2016, incluant la conception, la construction initiale, l’exploitation et la fermeture définitive. La seule phase de construction est désormais évaluée à près de 9,74 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent environ 3,66 milliards au titre de la fiscalité.

Cette nouvelle enveloppe servira désormais de référence pour le financement, assuré par les principaux producteurs de déchets radioactifs – EDF, Orano et le Commissariat à l’énergie atomique – selon le principe du pollueur-payeur.

Le projet Cigéo vise à confiner, à 500 mètres de profondeur dans une couche d’argile stable, les déchets dits de haute activité et de moyenne activité à vie longue. Ces résidus, issus de plusieurs décennies d’exploitation des centrales, présentent une radiotoxicité qui peut persister sur des centaines de milliers d’années. Le concept de stockage géologique profond est conçu pour isoler ces matières de manière passive et pérenne, sans nécessiter de surveillance active des générations futures.

Le dossier de demande d’autorisation a été déposé en 2023. La décision des autorités n’est cependant pas attendue avant fin 2027 ou début 2028. Si les délais sont tenus, le site pourrait entrer en service autour de 2050. Ce projet, d’une envergure et d’une durée exceptionnelles, continue de susciter de vifs débats et une opposition déterminée de la part de certains collectifs écologistes, qui remettent en cause sa sûreté à très long terme.

Vous aimerez peut-être aussi