Home Un site recense les contentieux de Rachida Dati à l’approche des municipales

Un site recense les contentieux de Rachida Dati à l’approche des municipales

by Anaïs Hanquet
0 comments

À quelques jours du scrutin municipal parisien, un site internet indépendant dresse un inventaire détaillé des contentieux judiciaires impliquant la candidate LR, Rachida Dati. Cette initiative, qui se présente comme un outil d’information pour les électeurs, a suscité une réaction immédiate de son équipe de campagne.

Le site, baptisé « WikiDati », a été créé par un salarié de l’ONG Transparency International, agissant à titre personnel. Son objectif affiché est de centraliser et d’expliquer au public les différentes affaires dans lesquelles l’ancienne ministre de la Justice est citée. Le portail énumère une douzaine de dossiers, allant de soupçons de corruption passive à des questions relatives à la déclaration de patrimoine, en précisant pour chacun les sources médiatiques et l’état des procédures.

La réaction de l’entourage de la candidate n’a pas tardé. Peu après la mise en ligne, l’hébergeur du site a reçu un signalement émanant du directeur de campagne de Rachida Dati, invoquant une atteinte à la présomption d’innocence et des risques de diffamation. Ce signalement a déclenché une procédure automatique de notification auprès du créateur du site.

L’auteur du site se défend en affirmant rappeler systématiquement le principe de présomption d’innocence. Il estime néanmoins que ce principe ne doit pas empêcher le débat public sur les questions d’éthique politique. Il a ajouté cette tentative de retrait à une liste, présente sur le site, recensant selon lui les actions en justice engagées pour « faire taire » l’évocation de ces affaires.

Rachida Dati, qui doit comparaître en 2026 dans une affaire de corruption passive liée à Carlos Ghosn, rejette en bloc toutes les accusations. Elle se dit confiante quant à l’issue des procédures et dénonce régulièrement ce qu’elle perçoit comme une instrumentalisation politique de ces dossiers.

Le site reste accessible dans l’attente d’une éventuelle décision de justice. Son existence soulève des questions sur la frontière entre l’information des citoyens à l’approche d’une élection et le respect des droits des personnes mises en cause.