La décision a provoqué un véritable choc au Sénégal. La Confédération Africaine de Football a officiellement retiré aux Lions de la Teranga leur titre de champion d’Afrique, obtenu en janvier dernier, au profit du Maroc. Le motif invoqué : les joueurs sénégalais auraient quitté le terrain avant la fin réglementaire de la finale, enfreignant ainsi une disposition technique du règlement. Le résultat a été modifié en une victoire 3-0 sur tapis vert pour l’équipe marocaine.
Cette annonce, intervenue plusieurs semaines après la fin de la compétition, a déclenché une vague d’indignation dans tout le pays. De Dakar aux régions les plus reculées, l’incompréhension est totale. “Nous avons gagné ce trophée devant le monde entier, sur le terrain. Personne ne peut nous l’enlever”, affirme un supporter rencontré dans la capitale. Le sentiment dominant est celui d’une injustice profonde, teintée de suspicion.
Les autorités sénégalaises ont rapidement réagi. Le gouvernement a exigé l’ouverture d’une enquête internationale, évoquant de possibles actes de corruption au sein des instances dirigeantes du football africain. La Fédération sénégalaise, quant à elle, a déposé un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne, qualifiant la décision d'”inique et sans précédent”.
Dans les rues, la colère se mêle à la stupéfaction. De nombreux Sénégalais pointent du doigt le délai inhabituel entre la finale et cette décision rétroactive. “Si cela devait arriver, cela aurait dû être fait immédiatement. Après tout ce temps, cela devient une farce qui discrédite tout le football africain”, déplore un jeune entrepreneur.
L’affaire soulève également des questions pratiques et symboliques. L’équipe nationale avait reçu une prime de sept milliards de francs CFA pour sa victoire. Faudra-t-il rembourser cette somme ? La question agite les discussions. Parallèlement, le sort de dix-huit supporters sénégalais arrêtés au Maroc après la finale préoccupe la population, qui réclame leur rapatriement prioritaire.
Alors que la bataille juridique s’annonce longue, le sentiment d’amertume persiste. Pour une nation entière, le trophée reste sénégalais, quelle que soit la décision écrite dans les registres officiels. Cette affaire, au-delà du sort d’un titre, a profondément entamé la confiance de nombreux passionnés dans les institutions du sport continental.