Un collectif de quinze anciennes mannequins a officiellement interpellé les autorités judiciaires françaises ce jeudi, les pressant d’approfondir leurs investigations sur les relations entre Gérald Marie, ancien pilier de l’agence Elite Model Management, et le délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein. Les plaignantes affirment détenir des éléments concrets pouvant établir cette connexion.
Ces femmes, de nationalités britannique, néerlandaise, américaine et suédoise, dénoncent un système de silence persistant autour des violences sexuelles dans le milieu de la mode. Elles estiment que de nouvelles pièces à conviction justifient la réouverture du dossier. Parmi elles, Lisa Brinkworth, ancienne journaliste d’investigation de la BBC, et Ebba P. Karlsson, se sont rendues à Paris pour remettre une requête détaillée au parquet.
Dans leur courrier, elles indiquent pouvoir fournir des documents judiciaires et des correspondances électroniques qui, selon elles, démontreraient une collaboration entre Gérald Marie, Jean-Luc Brunel – un agent retrouvé mort en détention en 2022 – et Jeffrey Epstein. Ces éléments les lieraient également à certaines agences de mannequins.
Le collectif « Victorious Angels We Rise » souligne que la majorité de ses membres auraient subi des viols ou des agressions sexuelles sur le sol français, dont deux mineures au moment des faits qu’elles imputent à Gérald Marie. « Aujourd’hui, âgées de cinquante à soixante ans, nous demandons justice », écrivent-elles.
Cette démarche intervient dans un contexte judiciaire renouvelé, le parquet de Paris ayant ouvert des enquêtes préliminaires visant spécifiquement les réseaux liés à Jeffrey Epstein, notamment pour des faits présumés de traite d’êtres humains. Les plaignantes espèrent que leurs apports permettront d’éclairer ces investigations.
Une précédente plainte pour agression sexuelle déposée par Lisa Brinkworth contre Gérald Marie avait été classée sans suite en 2023 en raison de la prescription. Un pourvoi a depuis été formé. La détermination de ces femmes marque une nouvelle étape dans leur long combat pour briser l’omerta et obtenir une reconnaissance judiciaire de leurs allégations.