À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, Bruno Retailleau, figure majeure des Républicains, a dévoilé une mesure phare pour un éventuel quinquennat. Le sénateur propose l’instauration d’un moratoire sur tous les dossiers dits sociétaux, gelant ainsi tout nouveau débat législatif concernant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), les droits des personnes LGBT+, la procréation médicalement assistée (PMA) ou la fin de vie.
Selon ses déclarations, l’objectif affiché n’est pas de remettre en cause les acquis récents, mais de mettre un terme à ce qu’il présente comme une succession de réformes fracturantes. Il s’agirait de concentrer l’action publique sur les seuls enjeux économiques et sociaux, reléguant au second plan les questions de société.
Cette proposition n’est cependant pas sans antécédent notable. Elle semble s’inspirer directement d’un engagement porté par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2022. La dirigeante du Rassemblement national avait alors plaidé pour un gel de trois ans sur ces mêmes thématiques, arguant de la nécessité d’apaiser le débat public.
Bruno Retailleau, qui se définit comme catholique, a tenu à préciser que cette orientation n’était pas dictée par ses convictions personnelles. Il affirme avoir toujours strictement séparé sa foi de son action publique, citant en exemple sa décision de ne pas communier lorsqu’il occupait la fonction de ministre de l’Intérieur, au nom du principe de laïcité qu’il entendait incarner.
Cette annonce intervient dans un contexte de réflexion interne au sein de la droite républicaine sur sa stratégie pour 2027. Le parti doit prochainement décider de la méthode pour désigner son candidat, que Bruno Retailleau espère naturellement être. L’adoption ou le rejet de cette ligne “moratoire” pourrait influencer les débats en vue de cette désignation.