Confronté à une pression politique croissante sur le coût de l’énergie, le gouvernement a dévoilé une nouvelle stratégie pour orienter les fonds issus de la taxation des carburants vers un vaste plan d’électrification de l’économie. L’objectif affiché est double : réduire la vulnérabilité nationale face aux hydrocarbures importés et répondre aux critiques sur l’impact des taxes à la pompe.
Le Premier ministre a enjoint à l’ensemble de ses ministres d’identifier, dans un délai serré, les actions prioritaires pour décarboner les principaux secteurs d’activité. L’idée centrale est d’utiliser les recettes fiscales perçues sur les produits pétroliers, en particulier les surplus générés par la flambée des cours, pour financer cette transition accélérée. Cette proposition vise à créer un lien direct entre la fiscalité sur les énergies fossiles et le financement des alternatives.
Le plan, dont les grandes lignes doivent être présentées prochainement, fixe des échéances ambitieuses. Il s’agit de réduire drastiquement la dépendance aux énergies fossiles d’ici 2030, en électrifiant massivement les transports et le chauffage des bâtiments. Pour les ménages les plus exposés à la hausse des carburants, comme certains professionnels de santé itinérants, une offre de location de véhicules électriques serait spécifiquement développée.
Les instructions ministérielles couvrent un champ très large. Le secteur du logement est concerné, avec un objectif de sortie du gaz pour le neuf et le parc social. Les transports doivent faire l’objet d’expérimentations de « décarbonation complète » dans des zones pilotes. L’industrie, la pêche et même l’artisanat, notamment les boulangers confrontés au renouvellement de leurs fours, sont dans le viseur. Pour ces derniers, des financements alternatifs, impliquant des acteurs bancaires et institutionnels, sont à l’étude.
Cette accélération est justifiée par l’Exécutif non plus seulement par l’impératif climatique, mais par un argument de souveraineté et d’intérêt national, dans un contexte géopolitique tendu faisant peser un risque sur les approvisionnements et les prix. La feuille de route confiée au ministre de l’Économie prévoit un point d’étape en 2030 et une cible consolidée pour 2035, avec un inventaire des capacités industrielles françaises dans les technologies clés comme les pompes à chaleur ou les véhicules électriques.